En bref
- Le pothos tolère la lumière faible et l'oubli d'arrosage : il meurt presque exclusivement d'excès d'eau.
- On arrose quand le substrat a séché sur trois à quatre centimètres, pas selon un calendrier.
- Les variétés panachées ont besoin de plus de lumière que les vertes : en pièce sombre, elles reverdissent.
- Pour éviter la longue tige nue, on taille au-dessus d'un nœud : la plante ramifie à partir de ce point.
- Les feuilles contiennent des cristaux irritants : la plante est à écarter des animaux et des jeunes enfants.
Le pothos, de son nom botanique Epipremnum aureum, est la plante d’intérieur la plus indulgente qu’on puisse recommander : il supporte la lumière faible et les arrosages oubliés. Une seule chose le tue vraiment, l’excès d’eau. Et un seul défaut le guette, la longue tige nue — qui se corrige par la taille.
Ce qu’il supporte, et ce qu’il ne supporte pas
Il faut prendre la mesure de sa tolérance, parce qu’elle explique tous les conseils qui suivent.
Le pothos est une liane originaire de sous-bois tropical. Dans son milieu, il grimpe le long des troncs, dans une lumière filtrée par la canopée, avec des périodes sèches entre les averses. C’est cette écologie qui le rend adapté à nos intérieurs.
Il supporte une lumière faible mais réelle, une hygrométrie ordinaire d’appartement, un oubli d’arrosage de deux ou trois semaines, un pot un peu juste, et une taille sévère.
Il ne supporte pas un substrat constamment détrempé, une soucoupe remplie en permanence, le soleil direct de midi derrière une vitre, et une pièce sous quinze degrés en hiver.
Autrement dit, la quasi-totalité des pothos qui meurent meurent noyés. C’est la première cause de mortalité des plantes d’intérieur en général, et elle est particulièrement mal placée sur une espèce qui pardonne la sécheresse.
L’arrosage : le doigt, pas le calendrier
La méthode est celle de toutes les plantes d’intérieur, appliquée ici avec une marge confortable.
Enfoncez le doigt dans le substrat sur trois à quatre centimètres. Si c’est sec à cette profondeur, arrosez. Si c’est encore frais, attendez.
Arrosez abondamment, jusqu’à ce que l’eau ressorte par les trous du pot, puis laissez égoutter complètement et videz la soucoupe. Un arrosage copieux et espacé vaut infiniment mieux qu’un petit verre tous les deux jours, qui n’humidifie que la surface et laisse les racines profondes au sec.
Réduisez fortement en hiver. La lumière baisse, la croissance s’arrête, la consommation d’eau chute. Un pothos qui recevait de l’eau chaque semaine en juillet peut n’en demander qu’une fois toutes les trois semaines en janvier.
Les signaux à lire sur la plante :
Feuilles molles et pendantes, substrat sec : elle a soif, elle se redresse en quelques heures après arrosage.
Feuilles molles et jaunes, substrat humide : c’est l’inverse, il y a trop d’eau, et les racines commencent à souffrir. Arrêtez d’arroser et laissez sécher.
Cette confusion entre les deux est la plus fréquente de toutes, et le geste réflexe — arroser une plante qui fane — est exactement le mauvais dans le second cas. La méthode complète pour ne plus se tromper est dans arroser ses plantes d’intérieur : oubliez le calendrier.
La lumière et la panachure
C’est ici que se joue l’aspect de la plante, et le sujet est mal expliqué presque partout.
Le pothos existe en de nombreux cultivars : vert uni, panaché de jaune, panaché de blanc crème, marbré. Plus la panachure est étendue, plus la plante a besoin de lumière.
La raison est mécanique. Les zones claires d’une feuille panachée contiennent peu ou pas de chlorophylle et ne produisent donc presque pas d’énergie. La plante fonctionne avec la seule surface verte disponible. En faible lumière, elle n’a pas les moyens d’entretenir des tissus improductifs : les nouvelles feuilles sortent plus vertes, et la panachure s’estompe.
Ce n’est pas une maladie, c’est un arbitrage. Il se corrige en rapprochant la plante d’une fenêtre, sans soleil direct. Les feuilles déjà formées ne changeront pas ; les suivantes retrouveront leur marbrure.
À l’inverse, un pothos vert uni s’accommode réellement d’un emplacement médiocre — une pièce dont l’unique fenêtre est au nord, un couloir éclairé indirectement. C’est l’une des rares espèces à recommander dans ce cas, et le sujet est traité dans quelles plantes pour une pièce sombre.
Le seul emplacement à éviter est le soleil direct derrière une vitre en été : les feuilles blanchissent puis brunissent par plaques, et ces brûlures sont définitives. Ce que signifie réellement « lumière indirecte » chez soi, et comment l’évaluer, est expliqué dans « lumière indirecte » : ce que ça veut dire chez vous.
Le faire ramifier : la taille, et où couper
Le défaut du pothos laissé libre est prévisible : chaque tige s’allonge indéfiniment, les feuilles s’espacent, et l’on finit avec deux mètres de tige nue et un bouquet de feuilles au bout.
La solution est la taille, et elle demande de savoir où couper.
Repérez les nœuds : ces petits renflements sur la tige, d’où partent une feuille et une racine aérienne. C’est le seul endroit où la plante peut redémarrer.
Coupez un centimètre au-dessus d’un nœud, avec un sécateur ou des ciseaux propres. La plante développe alors une ou deux pousses à partir de ce nœud, ce qui densifie la touffe au lieu de l’allonger.
Trois conseils de mise en œuvre :
Taillez au printemps ou en été, en période de croissance, pour une reprise rapide.
Ne taillez pas toutes les tiges à la même longueur : un étagement donne un port plus naturel qu’une coupe au carré.
Ne jetez pas les chutes. Chaque segment portant au moins un nœud peut devenir une nouvelle plante, et la remettre dans le même pot est le moyen le plus simple d’obtenir une plante dense. La méthode, ses espèces favorables et l’étape où l’on rate le plus, sont détaillées dans bouturer dans l’eau.
Le faire grimper, pour de plus grandes feuilles
Un point méconnu et spectaculaire : le pothos ne produit ses grandes feuilles qu’en grimpant.
Comme beaucoup de lianes de sous-bois, il change de morphologie selon qu’il rampe ou qu’il monte. En retombant depuis une étagère, il conserve indéfiniment de petites feuilles juvéniles. Fixé sur un support vertical qu’il peut agripper, il produit progressivement des feuilles plus grandes.
Le support doit permettre aux racines aériennes de s’accrocher et de trouver de l’humidité : tuteur en fibre de coco, poteau de mousse, ou planche de bois brut. Un simple bâton lisse ne suffit pas, la plante n’y adhère pas.
Ne coupez pas les racines aériennes. Elles ne sont ni sales ni inutiles : elles servent à l’ancrage et à l’absorption. On les guide vers le support, ou on les laisse.
Substrat, pot et rempotage
Rien de particulier, à condition de respecter deux points.
Un substrat qui draine. Un terreau pour plantes d’intérieur allégé d’un tiers de perlite ou d’écorces fines convient. Un terreau lourd et compact retient l’eau et annule tout l’avantage de la tolérance à la sécheresse.
Un pot percé. Un cache-pot décoratif sans trou est un piège : l’eau stagne au fond, invisible, et les racines pourrissent. Si vous tenez au cache-pot, gardez le pot de culture percé à l’intérieur et videz le fond après chaque arrosage.
Le rempotage se fait quand les racines sortent par les trous ou que l’eau traverse sans être retenue, au printemps de préférence, dans un pot d’un ou deux centimètres de diamètre en plus seulement. Un pot trop grand garde un volume de terre humide que les racines n’occupent pas, et provoque exactement ce qu’on cherche à éviter ici.
Deux précautions à connaître
La toxicité. Les tissus du pothos contiennent des cristaux d’oxalate de calcium, irritants pour les muqueuses. Un animal qui mâche une feuille ressent une gêne buccale, salive, peut vomir. Ce n’est pas une plante à laisser à portée d’un chat, d’un chien ou d’un jeune enfant. En cas d’ingestion, appelez un vétérinaire ou un centre antipoison.
Les ravageurs. Le pothos est peu attaqué, mais il n’est pas immunisé. Surveillez l’apparition de cochenilles farineuses à l’aisselle des feuilles, sous forme de petits amas cotonneux. Un traitement local à l’alcool sur coton, répété, suffit généralement s’il est pris tôt.
Ce qu’il faut retenir
Laissez-le sécher entre deux arrosages, videz la soucoupe, et il vivra des années. C’est vraiment tout ce qu’il exige.
Pour l’aspect, deux leviers : la lumière commande la panachure, la taille commande la densité. Un pothos qui file en tige nue n’est pas une plante malade, c’est une plante jamais taillée.
Questions fréquentes
À quelle fréquence arroser un pothos ?
Il n'y a pas de fréquence : on arrose quand le substrat a séché sur trois à quatre centimètres de profondeur, ce que l'on vérifie avec le doigt. Selon la saison, la lumière et la taille du pot, cela peut représenter une fois par semaine en été et une fois toutes les deux à trois semaines en hiver. Un pothos supporte très bien un oubli, jamais un excès.
Pourquoi mon pothos perd-il sa panachure ?
Parce qu'il manque de lumière. Les zones claires des feuilles panachées contiennent peu de chlorophylle et ne participent presque pas à la photosynthèse. En faible luminosité, la plante privilégie le tissu vert, seul productif, et les nouvelles feuilles sortent plus vertes. Rapprochez-le d'une fenêtre sans soleil direct, les feuilles suivantes retrouveront leur panachure.
Comment faire ramifier un pothos au lieu d'avoir une longue tige nue ?
En taillant. Coupez la tige juste au-dessus d'un nœud, ce petit renflement d'où partent une feuille et une racine aérienne. La plante développe alors une ou plusieurs pousses à partir de ce point. Répétez sur plusieurs tiges, en décalé, et bouturez les chutes pour densifier le même pot.
Le pothos est-il toxique pour les chats et les chiens ?
Ses tissus contiennent des cristaux d'oxalate de calcium, irritants pour les muqueuses en cas de mastication. Cela provoque une gêne buccale, une salivation et parfois des vomissements chez un animal qui en mâche. Placez la plante hors de portée des animaux et des jeunes enfants, et consultez un vétérinaire en cas d'ingestion avérée.
Sources et méthode
- Caractéristiques culturales de l'espèce Epipremnum aureum en conditions d'intérieur tempéré
- Observations sur la perte de panachure des cultivars variégés en faible luminosité