En bref
- La fougère de Boston demande trois choses : une lumière vive mais jamais de soleil direct, un substrat qui reste frais sans détremper, et un air humide.
- Elle n'aime pas sécher : un substrat sec lui fait perdre ses frondes. C'est pourtant, selon l'université du Wisconsin, la plus tolérante à la sécheresse des fougères courantes en culture.
- La pluie de folioles qui commence en octobre vient le plus souvent de l'air sec du chauffage, rarement d'une maladie. Les pointes brunes ont la même cause.
- En hiver, on réduit un peu l'arrosage et on cesse presque l'engrais ; on divise et on rempote au printemps.
- Elle est considérée comme non toxique pour les chats et les chiens.
La fougère de Boston pousse bien en intérieur à trois conditions : une lumière vive sans soleil direct, un substrat qui reste frais en permanence et un air humide. C’est le troisième point qui pose problème dans la plupart des logements, et il se révèle en octobre : quand le chauffage repart, l’air sèche et la fougère se met à semer ses petites folioles sur le sol. C’est rarement une maladie. C’est un signal d’air trop sec, et il se corrige.
Une fougère de sous-bois, pas une plante de salon
La fougère de Boston est une forme cultivée, appelée « Bostoniensis », d’une espèce tropicale, Nephrolepis exaltata. L’espèce pousse dans les forêts humides de Floride, des Antilles, du Mexique et d’Amérique du Sud. La forme « Bostoniensis » a été repérée en 1894 dans une cargaison de fougères expédiée de Philadelphie à Boston, d’où son nom.
Elle se distingue de l’espèce par ses frondes arquées et retombantes, quand celles de l’espèce restent dressées. Une fronde est la « feuille » d’une fougère : une longue tige centrale portant de part et d’autre de petites folioles, que les botanistes appellent pinnules.
Deux autres traits expliquent la plupart des questions qu’on se pose à son sujet :
- elle émet des stolons, de longs filaments fins qui s’enracinent en touchant le sol et forment une nouvelle plante ;
- elle vient d’un sous-bois : lumière filtrée, sol frais, air saturé d’humidité. Tout l’entretien consiste à reproduire ces trois conditions.
Lumière, température, substrat : les réglages de base
La fiche de l’université du Wisconsin et celle du jardin botanique du Missouri convergent sur l’essentiel.
| Besoin | Ce qui lui convient | Ce qu’il faut éviter |
|---|---|---|
| Lumière | Fenêtre à l’est, ou derrière un voilage au sud et à l’ouest | Soleil direct sur les frondes |
| Température | Nuits autour de 18 °C, journées plus chaudes | Moins de 4 à 7 °C : on rentre une fougère sortie l’été |
| Substrat | Riche, à base de tourbe ou de fibre, frais et drainant | Motte sèche, ou pot qui baigne dans l’eau |
| Air | Humide : salle de bains ou cuisine lumineuses | Air chaud et sec d’un radiateur proche |
| Engrais | Dilué de moitié, toutes les 4 à 6 semaines en croissance | Excès d’engrais, qui brûle les pointes |
La lumière compte plus qu’on ne le croit pour une fougère. Elle tolère une pièce un peu sombre, mais elle s’y étiole. La place idéale est près d’une fenêtre au nord ou à l’est, ou un peu en retrait d’une baie exposée au sud. Pour juger de l’éclairage réel d’un emplacement, notre article sur la lumière indirecte donne des repères simples.
La température pose rarement problème dans une pièce de vie. L’université du Wisconsin recommande de rentrer une fougère passée l’été dehors quand les nuits approchent de 4 à 7 °C. Si la vôtre est encore sur le balcon début octobre, c’est le moment : les autres gestes de la rentrée, inspection des ravageurs comprise, sont dans rentrer ses plantes à l’automne.
L’arrosage : frais en permanence, jamais détrempé
C’est une fougère qui n’aime pas sécher. Le jardin botanique du Missouri le dit sans détour : si le substrat se dessèche, la plante perd ses frondes. Il faut donc arroser dès que la surface commence à sécher au toucher, pour que la motte reste fraîche en profondeur.
Il y a pourtant une nuance, notée par l’université du Wisconsin : parmi les fougères couramment cultivées, la fougère de Boston est la plus tolérante à la sécheresse. Un oubli ponctuel ne la tue pas. C’est la répétition qui l’épuise, et c’est l’air sec qui la défigure.
Quelques règles pratiques :
- vérifiez au doigt, pas au calendrier : en été, une suspension près d’une fenêtre peut demander de l’eau plusieurs fois par semaine ;
- videz la soucoupe une demi-heure après l’arrosage : un pot qui baigne asphyxie les racines ;
- réduisez légèrement de l’automne à la fin de l’hiver, sans laisser sécher la motte, comme le préconise le jardin botanique du Missouri ;
- le double pot aide beaucoup : on glisse le pot de culture dans un cache-pot plus large garni de sphaigne humide, qui garde la fraîcheur et un peu d’humidité autour du feuillage.
Si l’eau ne pénètre plus et ressort aussitôt par le fond, la motte s’est rétractée après avoir séché. Le trempage par le bas règle le problème : on plonge le pot dans une bassine d’eau une vingtaine de minutes, jusqu’à ce que les bulles cessent, puis on le laisse égoutter.
Pourquoi elle perd ses folioles en automne
Début octobre, beaucoup de propriétaires voient le même phénomène : des dizaines de petites folioles vertes ou jaunies tombent autour du pot, et les pointes des frondes brunissent. Les deux sources consultées relient le brunissement des pointes à l’air sec des intérieurs en hiver, et le jardin botanique du Missouri cite la chute de feuillage en intérieur comme le désagrément le plus courant de cette plante.
Un logement chauffé perd beaucoup d’humidité relative quand la température monte, et la fougère, plante de sous-bois, transpire plus qu’elle ne peut absorber. Elle se défait alors de ses folioles les plus exposées.
| Ce qu’on voit | Cause la plus probable | Ce qu’on fait |
|---|---|---|
| Pluie de folioles, frondes qui se dégarnissent | Air sec, chauffage | Éloigner du radiateur, regrouper, humidifier |
| Pointes et bords bruns et secs | Air sec, ou excès d’engrais | Humidifier, espacer l’engrais |
| Frondes entières sèches en quelques jours | Motte desséchée à cœur | Tremper le pot, puis arroser plus régulièrement |
| Frondes molles, base noircie, odeur | Excès d’eau, pot qui baigne | Laisser ressuyer, vider la soucoupe |
| Une fronde jaunit de temps en temps au centre | Renouvellement normal | Couper à la base |
Ce qui aide vraiment, par ordre d’efficacité :
- L’éloigner de la source de chaleur. Une fougère posée au-dessus d’un radiateur ou dans le souffle d’une bouche d’air chaud n’a aucune chance.
- La changer de pièce. Une salle de bains ou une cuisine avec une fenêtre sont souvent les endroits les plus humides du logement, ce que le jardin botanique du Missouri relève aussi.
- La regrouper avec d’autres plantes, sur un large plateau de billes d’argile humides sans que le pot trempe.
- Un humidificateur dans la pièce, seule solution qui relève l’humidité de toute la pièce.
La brumisation, elle, ne règle rien : l’effet retombe en quelques minutes. Nous avons comparé ces méthodes, chiffres à l’appui, dans notre article sur l’humidité de l’air pour les plantes d’intérieur.
Une fois la cause corrigée, les folioles perdues ne repoussent pas sur les frondes dégarnies. On coupe ces frondes à la base, et la plante en produit de nouvelles depuis le cœur. Si elle a tout perdu après un dessèchement, le jardin botanique du Missouri indique qu’on peut rabattre toutes les frondes à environ 5 cm et la laisser repartir.
Tailler, diviser, multiplier
La taille se limite à retirer les frondes sèches ou jaunies, au ras du substrat. L’université du Wisconsin note que couper les vieilles frondes à la base encourage l’apparition de nouvelles.
Le rempotage et la division se font au printemps, tous les quelques ans, quand la touffe remplit son pot. On sort la motte, on la tranche verticalement en deux ou en quatre avec un couteau bien aiguisé, en gardant le plus de frondes possible sur chaque part, et on rempote chaque morceau. Les gestes communs à tous les rempotages sont dans rempoter une plante d’intérieur.
Les stolons offrent une autre voie, plus douce : on pose un pot de substrat frais à côté de la plante, on y fixe l’extrémité d’un stolon avec un crochet de fil de fer, et on sèvre la jeune plante une fois enracinée.
Le semis de spores, enfin, est possible chez les fougères, mais les cultivars comme « Bostoniensis » ne se reproduisent pas fidèlement par spores, et la division reste de loin la méthode la plus simple.
Ravageurs et animaux
La fougère de Boston a peu d’ennemis en intérieur. Les cochenilles, les cochenilles farineuses et les aleurodes peuvent s’y installer, surtout sur une plante affaiblie par l’air sec. Le plus simple, sur une cochenille installée, est souvent de couper les frondes touchées, comme le conseille l’université du Wisconsin.
Côté animaux, c’est une plante rassurante : l’ASPCA la classe parmi les plantes non toxiques pour les chats et les chiens.
Questions fréquentes
Comment entretenir une fougère de Boston en intérieur ?
Placez-la près d'une fenêtre lumineuse mais à l'abri du soleil direct, gardez son substrat frais en permanence sans le laisser détrempé, et maintenez autour d'elle un air aussi humide que possible. De l'engrais dilué de moitié toutes les quatre à six semaines au printemps et en été suffit, presque rien en hiver.
Pourquoi ma fougère de Boston perd-elle ses feuilles ?
Le plus souvent à cause de l'air sec, surtout quand le chauffage repart à l'automne, ou parce que le substrat a séché à cœur. Les petites folioles tombent alors en pluie sous la plante. Une fronde entière qui jaunit de temps en temps au centre est, elle, un simple renouvellement.
À quelle fréquence arroser une fougère de Boston ?
Il n'y a pas de fréquence fixe : on arrose dès que la surface du substrat commence à sécher au toucher, pour qu'il reste frais en profondeur. Au printemps et en été, cela peut vouloir dire plusieurs fois par semaine ; de l'automne à la fin de l'hiver, on réduit légèrement, sans jamais laisser la motte sécher.
Faut-il couper les feuilles sèches de la fougère de Boston ?
Oui, à la base, au ras du substrat : cela aère la touffe et encourage de nouvelles frondes. Si la plante a séché au point de perdre presque tout son feuillage, on peut rabattre toutes les frondes à environ cinq centimètres et la laisser repartir en conditions humides.
La fougère de Boston est-elle toxique pour les chats ?
Non. L'ASPCA, l'association américaine de protection des animaux, la classe parmi les plantes non toxiques pour les chats et les chiens. Un chat qui la mâchouille peut abîmer ses frondes, mais ne s'expose pas à une intoxication.
Sources et méthode
- Susan Mahr, université du Wisconsin à Madison, « Boston Fern, Nephrolepis exaltata 'Bostoniensis' », Wisconsin Master Gardener, 23 février 2015 : origine du cultivar, lumière, températures, substrat, tolérance à la sécheresse, fertilisation, ravageurs, division
- Missouri Botanical Garden, fiche Plant Finder « Nephrolepis exaltata » et « 'Bostoniensis' » : culture en intérieur, arrosage d'automne et d'hiver, rabattage après dessèchement, brunissement hivernal des pointes
- ASPCA, liste des plantes toxiques et non toxiques pour les animaux de compagnie, entrée Boston fern
- Conversions des températures américaines faites par la rédaction : 65 °F ≈ 18 °C, 95 °F = 35 °C, 40 à 45 °F ≈ 4 à 7 °C