En bref
- Le calamondin, ×Citrofortunella microcarpa ou Citrus × microcarpa, est un petit agrume issu du kumquat et de la mandarine. En jardinerie, il se vend souvent comme « oranger d'appartement ».
- Il réclame trois choses : le maximum de lumière, un substrat qui sèche légèrement en surface entre deux arrosages, et un hiver frais, loin des radiateurs.
- Il se sort au jardin quand les nuits dépassent 10 °C et se rentre avant qu'elles ne repassent dessous. Il supporte un bref passage autour de −1 °C, guère plus.
- Ses fruits sont comestibles mais très acides, avec une peau sucrée. Un fruit met jusqu'à un an à mûrir : fleurs, fruits verts et fruits orange se côtoient sur la même plante.
- Les agrumes figurent sur la liste des plantes toxiques pour les chats et les chiens de l'ASPCA : prudence avec les animaux qui mâchonnent les feuilles.
Le calamondin pousse bien en appartement à trois conditions : le maximum de lumière, un substrat qui sèche légèrement en surface entre deux arrosages et un hiver frais. C’est un agrume, pas une plante verte de salon, et il le rappelle dès les premières semaines : installé loin d’une fenêtre ou au-dessus d’un radiateur, il laisse tomber ses feuilles et ses fruits. Ce n’est presque jamais une maladie. C’est un manque de lumière, ou un air trop chaud et trop sec, et les deux se corrigent.
Un petit agrume, et plusieurs noms pour une seule plante
Le calamondin porte une demi-douzaine de noms botaniques, ce qui explique la confusion des étiquettes. Les plus courants sont ×Citrofortunella microcarpa, Citrus × microcarpa et Citrus mitis. On trouve aussi Citrus madurensis sur certaines fiches anciennes. En jardinerie, il se vend souvent sous le nom d’oranger d’appartement.
Le préfixe ×Citrofortunella signale un hybride entre deux genres : Citrus, celui des mandarines, et Fortunella, l’ancien genre des kumquats. Le calamondin est donc issu de la famille du kumquat et de celle de la mandarine. Les études génétiques récentes, citées par Wikipédia, désignent le kumquat comme son parent maternel probable.
La plante vient de Chine et s’est diffusée en Asie du Sud-Est, notamment aux Philippines. On l’y appelle kalamansi, et son fruit y sert de citron vert dans la cuisine de tous les jours. En plein sol, sous climat tropical, il forme un arbre de plusieurs mètres ; en pot, il reste un arbuste compact.
Deux traits expliquent la plupart des questions qu’on se pose à son sujet :
- il fleurit plusieurs fois par an, de petites fleurs blanches en étoile, très parfumées ;
- ses fruits mettent jusqu’à un an à mûrir, en passant du vert à l’orange. Fleurs, fruits verts et fruits mûrs se retrouvent donc souvent ensemble sur la même branche.
Lumière, température, substrat : les réglages de base
Les fiches de l’université de Caroline du Nord et des jardineries françaises convergent sur l’essentiel. Le calamondin est une plante de plein soleil à l’extérieur, et il faut lui offrir la lumière la plus forte possible à l’intérieur.
| Besoin | Ce qui lui convient | Ce qu’il faut éviter |
|---|---|---|
| Lumière | Devant une baie au sud ou à l’ouest, ou au jardin l’été | Le fond d’une pièce, même claire à l’œil |
| Température | Été dehors dès que les nuits dépassent 10 °C ; hiver frais et lumineux | Air chaud et sec d’un radiateur, gel au-delà de −1 °C |
| Substrat | Terreau pour agrumes, léger, humifère, très drainant | Terreau compact qui reste détrempé |
| Arrosage | Quand la surface a séché sur 2 à 3 cm | Eau stagnante dans la soucoupe, motte desséchée |
| Engrais | Engrais pour agrumes tous les 15 jours, de mai à août | Engrais en hiver, quand la plante se repose |
La lumière est le réglage qui pose le plus souvent problème. L’œil s’adapte très bien à une pièce sombre, pas la plante. Un calamondin installé à deux mètres d’une fenêtre reçoit une fraction de ce qu’il recevait en serre, même si la pièce semble lumineuse.
Côté substrat, la règle est la même que pour tous les agrumes en pot : fertile mais parfaitement drainé, au pH neutre à légèrement acide. Le terreau « agrumes et plantes méditerranéennes » vendu en jardinerie convient. Une couche de billes d’argile ou de graviers au fond du pot ne remplace pas un trou de drainage, qui reste indispensable.
Pourquoi il perd ses feuilles en arrivant dans le salon
C’est la question la plus fréquente, et elle se pose presque toujours dans les semaines qui suivent l’achat, ou au moment de rentrer la plante à l’automne. Un calamondin qui perd des feuilles réagit à un changement de conditions, pas à une maladie.
La perte de lumière est la première cause. La plante a poussé en serre ou sur une terrasse, en plein soleil ; elle arrive devant une fenêtre beaucoup moins généreuse. Elle ajuste alors son feuillage à la lumière disponible, en laissant tomber les feuilles qu’elle ne peut plus nourrir. C’est le même mécanisme qu’un jaunissement de choc après un changement de place, en plus marqué.
L’air sec du chauffage est la deuxième. Il dessèche le feuillage, fait tomber les fleurs et parfois les petits fruits. Il favorise aussi les araignées rouges, dont nous reparlons plus bas.
L’arrosage vient en troisième. Une motte détrempée en hiver fait souffrir les racines, qui ne nourrissent plus les feuilles ; une motte desséchée produit le même résultat par l’autre bout. Dans les deux cas, les feuilles jaunissent avant de tomber.
Ce qu’il faut faire tient en trois gestes :
- Rapprocher la plante de la fenêtre la plus lumineuse, et l’y laisser sans la déplacer à nouveau.
- L’éloigner de tout radiateur, même si l’emplacement semble moins décoratif.
- Contrôler le substrat au doigt avant chaque arrosage, au lieu d’arroser à date fixe.
Une plante qui a perdu une partie de ses feuilles repart au printemps, dès que la lumière revient. Il est inutile de la rempoter ou de lui donner de l’engrais en urgence : on ajouterait un choc au premier.
L’hiver : à l’intérieur, mais au frais
Le calamondin n’est pas rustique. Wikipédia donne un minimum autour de −1 °C, et la fiche Truffaut évoque −2 à −3 °C pour un passage bref. Hors du littoral méditerranéen, il passe donc l’hiver à l’abri.
Le repère pratique est simple : on le sort au jardin ou sur le balcon quand les nuits dépassent durablement 10 °C, et on le rentre avant qu’elles ne repassent sous ce seuil. C’est le même calendrier que celui que nous détaillons pour rentrer ses plantes d’intérieur à l’automne, avec une différence : un agrume préfère un abri frais à un salon chauffé.
L’emplacement idéal est une pièce lumineuse et peu chauffée : véranda hors gel, chambre fraîche, palier vitré. Faute de mieux, le salon convient, à condition de lui donner la meilleure fenêtre et de le tenir loin des radiateurs. Dans tous les cas, on espace les arrosages, puisque la plante pousse peu, et l’on cesse l’engrais jusqu’au printemps.
Avant de le rentrer, inspectez le dessous des feuilles et l’aisselle des rameaux. Une plante restée dehors tout l’été peut rapporter des ravageurs, qui profitent ensuite de la chaleur intérieure pour se multiplier.
Rempotage, taille et ravageurs
Le calamondin se rempote au printemps, tous les trois ans environ, dans un pot à peine plus grand. Les autres années, on se contente de remplacer les premiers centimètres de substrat par du terreau neuf, ce que les jardiniers appellent un surfaçage.
La taille reste légère. On la pratique en fin d’hiver, après la récolte des fruits, pour garder une silhouette compacte et aérer le centre de la touffe. On coupe au-dessus d’une feuille et sans raccourcir toutes les branches la même année.
Deux ravageurs reviennent sur les agrumes cultivés en intérieur. Les cochenilles forment de petits boucliers bruns ou des amas cotonneux le long des nervures et des tiges ; elles laissent souvent un miellat collant, sur lequel se développe la fumagine, un feutrage noir. Leur traitement est détaillé dans notre page sur les cochenilles farineuses. Les araignées rouges prospèrent dans l’air sec du chauffage et donnent aux feuilles un aspect piqueté et terne ; nous décrivons leurs trois signes dans l’article consacré aux araignées rouges.
Les fruits : comestibles, mais très acides
Les fruits du calamondin se mangent. Ils mesurent de 2,5 à 4,5 cm de diamètre, selon les sources, et ressemblent à de petites mandarines. Leur peau est sucrée, leur pulpe très acide, avec des pépins.
On les cueille quand ils sont bien orange. Aux Philippines, on les presse comme un citron vert, dans les boissons et les marinades. En Europe, on en fait surtout de la confiture ou de la marmelade, ou on les coupe en deux dans une eau gazeuse.
Une précaution s’applique aux plantes achetées en jardinerie. Elles sont cultivées comme plantes décoratives, pas comme arbres fruitiers, et rien n’indique les traitements qu’elles ont reçus en production. Par prudence, mieux vaut consommer les fruits issus d’une floraison survenue chez soi, plutôt que ceux qui étaient déjà sur la plante au moment de l’achat.
Pour les animaux, la prudence s’impose aussi. L’ASPCA, l’association américaine de protection des animaux, ne cite pas le calamondin par son nom, mais elle classe l’oranger parmi les plantes toxiques pour les chats et les chiens, à cause des huiles essentielles et des psoralènes de ses feuilles et de son écorce. Un chat qui mâchonne les plantes ne doit donc pas avoir accès à un calamondin.
Questions fréquentes
Comment entretenir un calamondin en intérieur ?
Placez-le devant la fenêtre la plus lumineuse de la maison, loin des radiateurs. Arrosez quand la surface du substrat a séché sur deux ou trois centimètres, sans laisser d'eau dans la soucoupe. De mai à août, apportez un engrais pour agrumes toutes les deux semaines, puis laissez-le se reposer au frais en hiver.
Pourquoi mon calamondin perd-il ses feuilles ?
Le plus souvent parce qu'il a changé de lumière : en passant d'une serre ou d'une terrasse à un salon, il reçoit beaucoup moins de lumière et sacrifie une partie de son feuillage. L'air sec du chauffage et un substrat détrempé ou desséché sont les deux autres causes fréquentes. Les fruits peuvent aussi tomber pour les mêmes raisons.
Les fruits du calamondin se mangent-ils ?
Oui. Ils sont petits, avec une peau sucrée et une pulpe très acide. Aux Philippines, où on l'appelle kalamansi, on les utilise comme un citron vert, dans les boissons et les plats. En Europe, on en fait surtout des confitures ou on les ajoute à l'eau gazeuse.
Le calamondin peut-il passer l'hiver dehors ?
Seulement sur une côte méditerranéenne très douce. Il supporte un bref passage autour de −1 °C, et certaines sources évoquent −2 à −3 °C sans durer. Partout ailleurs, on le rentre quand les nuits passent sous 10 °C, dans une pièce lumineuse et fraîche.
Le calamondin est-il toxique pour les chats ?
L'ASPCA ne mentionne pas le calamondin par son nom, mais elle classe les agrumes comme l'oranger parmi les plantes toxiques pour les chats et les chiens, à cause de leurs huiles essentielles et de leurs psoralènes. Les feuilles et l'écorce sont en cause. Mieux vaut le placer hors de portée d'un animal qui mâchonne les plantes.
Sources et méthode
- Wikipédia, article « Calamondin » : synonymes botaniques (Citrus × microcarpa Bunge, ×Citrofortunella microcarpa (Bunge) Wijnands, Citrus mitis Blanco, Citrus madurensis Lour.), origine, taille et saveur du fruit, rusticité
- North Carolina State University Extension, Plant Toolbox, fiche « Citrus × microcarpa » : exposition, substrat, floraison remontante, durée de maturation des fruits, ravageurs, culture en pot avec hivernage à l'intérieur
- Fiche de culture Truffaut « Le calamondin » : seuil de 10 °C pour la sortie et la rentrée, substrat pour agrumes, fertilisation de mai à août, rempotage, taille légère après la récolte
- ASPCA, liste des plantes toxiques et non toxiques, entrée Orange (Citrus sinensis) : huiles essentielles et psoralènes, toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux
- Conversions des mesures américaines faites par la rédaction : 1 pouce ≈ 2,5 cm