En bref
- Le figuier de Barbarie se bouture par ses raquettes : on en détache une à l'articulation, avec des gants épais ou une pince, sans la couper au milieu.
- La raquette sèche à l'ombre et à l'air pendant une à deux semaines, jusqu'à ce que la coupe forme un cal sec et dur. C'est l'étape qui évite la pourriture.
- On la plante debout, enfoncée de quelques centimètres, dans un substrat très minéral, et on n'arrose qu'après l'apparition des racines, au bout de trois à six semaines en saison chaude.
- La meilleure période va de la fin du printemps au milieu de l'été. En automne, on peut détacher la raquette, la laisser cicatriser, puis la planter au printemps.
- Les vrais ennemis sont les glochides, de minuscules poils barbelés qui se détachent au moindre contact : ils piquent davantage que les grandes épines.
Pour bouturer un figuier de Barbarie, on détache une raquette entière à son articulation, on la laisse sécher une à deux semaines jusqu’à ce que la coupe forme un cal, puis on la plante debout dans un substrat très minéral, sans l’arroser avant l’apparition des racines. La reprise est presque assurée de la fin du printemps au milieu de l’été. En octobre, mieux vaut détacher et laisser cicatriser, puis planter au printemps.
Ce qu’on bouture : une raquette, pas une feuille
Le figuier de Barbarie, Opuntia ficus-indica, n’a pas de feuilles au sens habituel. Ses raquettes, que les botanistes appellent cladodes, sont des tiges aplaties qui stockent l’eau et assurent la photosynthèse. Chaque raquette porte des aréoles, ces petits coussinets réguliers d’où sortent les épines, les fleurs et les nouvelles raquettes.
C’est ce qui rend la bouture si simple. Une raquette détachée possède déjà tout ce qu’il faut pour repartir : des réserves d’eau pour plusieurs semaines et des aréoles capables d’émettre des racines au contact du substrat. Le figuier de Barbarie se multiplie d’ailleurs ainsi dans la nature, quand une raquette tombée au sol s’enracine seule.
Le choix de la raquette compte plus que la technique.
- Une raquette d’un an au moins, ferme et bien verte, de 15 à 30 cm sur un sujet adulte. Les très jeunes raquettes, molles et brillantes, manquent de réserves.
- Sans tache molle, sans zone brune ni trace de cochenille. Une raquette abîmée transmet son problème à la bouture.
- Plusieurs petites raquettes valent mieux qu’une seule grande si vous voulez un pot plus garni rapidement.
Sur une plante d’intérieur, une raquette de 10 à 15 cm suffit largement. Elle s’enracine plus vite qu’une grande et tient debout plus facilement dans un pot.
Détacher la raquette sans se piquer
Les grandes épines se voient et s’évitent. Les glochides, eux, sont le vrai danger. Ce sont des poils minuscules et barbelés, regroupés par dizaines sur chaque aréole, qui se détachent au moindre frôlement et se plantent dans la peau. Ils sont difficiles à voir et à retirer, et ils irritent pendant des jours.
D’où quelques précautions :
- Protégez-vous les mains avec des gants épais en cuir. Les gants de jardin en tissu laissent passer les glochides.
- Tenez la raquette avec une pince de cuisine, ou enroulez-la dans plusieurs épaisseurs de papier journal.
- Détachez-la à l’articulation, là où elle rejoint la raquette inférieure. Une légère torsion suffit souvent ; sinon, coupez au ras de la jonction avec un couteau propre et bien affûté.
- Ne coupez pas la raquette en deux. Une raquette entière cicatrise sur une petite surface ; une raquette tranchée en son milieu offre une grande plaie qui sèche mal.
Si des glochides se sont plantés dans la peau, appliquez un ruban adhésif large sur la zone, puis décollez-le, plusieurs fois de suite. Une pince à épiler termine le travail pour les plus gros. Ne frottez pas, ce qui les enfonce.
Laisser cicatriser : l’étape qui fait réussir
C’est l’étape qu’on est tenté de sauter, et c’est elle qui décide du résultat. Une raquette plantée avec une coupe fraîche et humide pourrit par la base en quelques jours dans un substrat humide. Le principe est le même que pour toutes les succulentes, et c’est la raison pour laquelle elles ne se bouturent jamais dans un verre d’eau, comme on le voit dans notre article sur les boutures dans l’eau.
Posez la raquette à l’ombre, dans un endroit sec et aéré, debout contre un support ou à plat sur un papier. Laissez-la ainsi jusqu’à ce que la coupe soit sèche, un peu durcie et légèrement rétractée. Cela prend une à deux semaines selon la taille de la raquette et l’humidité de l’air.
| Taille de la raquette | Séchage avant plantation | Enfoncement dans le substrat |
|---|---|---|
| 10 à 15 cm | 7 à 10 jours | 2 à 3 cm |
| 15 à 25 cm | 10 à 14 jours | 3 à 5 cm |
| Plus de 25 cm | 2 semaines ou plus | 5 cm, avec un tuteur |
Une raquette qui se ride un peu pendant cette attente n’est pas en danger. Elle puise dans ses réserves, et elle se regonflera quand ses racines fonctionneront.
Planter : un substrat qui sèche vite et pas d’eau
Le substrat doit drainer immédiatement. Un terreau pour cactus du commerce convient, à condition de l’alléger encore d’un tiers de matériau minéral : pouzzolane, sable grossier ou perlite. Un terreau universel seul garde trop d’humidité. Le pot doit être percé, et la terre cuite, qui évapore par ses parois, est préférable au plastique.
- Remplissez le pot de substrat sec ou à peine humide.
- Enfoncez la raquette debout, la coupe vers le bas, de quelques centimètres seulement, selon le tableau ci-dessus.
- Calez-la avec quelques cailloux ou un tuteur si elle penche. Elle ne doit pas bouger, sous peine d’arracher les jeunes racines.
- N’arrosez pas. Placez le pot à la lumière vive mais pas en plein soleil brûlant les premiers jours.
Les racines se forment en trois à six semaines en saison chaude, plus lentement au printemps frais. Pour vérifier, tirez très doucement sur la raquette : si elle résiste, elle est enracinée. Commencez alors à arroser légèrement, en laissant toujours sécher le substrat entre deux apports. L’apparition d’une nouvelle raquette au sommet est le signe définitif que la bouture a pris.
La pourriture reste le seul vrai risque à ce stade. Une base qui noircit et se ramollit annonce un excès d’eau : retirez la raquette, coupez la partie atteinte au-dessus du tissu sain, laissez à nouveau cicatriser et replantez dans un substrat sec. Les signes qui distinguent une pourriture d’un simple manque d’eau sont détaillés dans notre article sur la pourriture des racines.
Quand bouturer, et quoi faire en octobre
La meilleure période va de la fin du printemps au milieu de l’été. La chaleur accélère la cicatrisation et l’enracinement, et la plante est en pleine croissance. Une raquette détachée en juin est souvent enracinée début août.
En automne, la plante entre en repos. Une raquette détachée en octobre peut s’enraciner, mais lentement, et le risque de pourriture augmente avec les nuits fraîches. Le plus sûr est de la laisser cicatriser, puis de la conserver au sec, debout dans une pièce lumineuse et hors gel, et de la planter au printemps. Elle tient plusieurs mois sur ses réserves.
Le figuier de Barbarie en pot se cultive ensuite comme les autres cactus. Le plus de soleil direct possible, une fenêtre au sud ou un balcon de mai à septembre. En hiver, un repos au frais, entre 5 et 12 °C environ, et presque sans eau : c’est l’association de l’humidité et du froid qui le tue, comme pour toutes les plantes grasses qu’on rentre à l’automne. Un sujet installé en pleine terre dans le Midi supporte de courtes gelées au sec, mais une raquette fraîchement bouturée doit passer son premier hiver à l’abri.
Pour une autre succulente qui se bouture selon la même logique, la plante de jade suit exactement les mêmes étapes : coupe nette, séchage, substrat minéral, arrosage différé.
Questions fréquentes
Comment bouturer un figuier de Barbarie ?
Détachez une raquette saine à son articulation, en la tenant avec une pince ou des gants épais. Laissez-la sécher une à deux semaines à l'ombre, jusqu'à ce que la coupe soit sèche et durcie. Plantez-la ensuite debout, enfoncée de trois à cinq centimètres, dans un substrat très drainant, et n'arrosez qu'une fois les racines formées.
Faut-il arroser une bouture de figuier de Barbarie ?
Pas tout de suite. Une raquette fraîchement plantée n'a pas de racines pour absorber l'eau : un substrat humide ne fait que favoriser la pourriture de la base. On attend trois à six semaines en saison chaude, puis on arrose légèrement quand la raquette résiste à une légère traction.
Combien de temps pour qu'une raquette de figuier de Barbarie prenne racine ?
En été, au chaud et à la lumière, les premières racines apparaissent en général en trois à six semaines. Au printemps frais ou en automne, il faut souvent deux mois ou davantage. Une nouvelle raquette qui pousse au sommet est le signe le plus sûr que la bouture a pris.
Peut-on bouturer un figuier de Barbarie en automne ?
On peut détacher la raquette à l'automne, mais l'enracinement sera lent, car la plante entre en repos. Le plus sûr est de la laisser cicatriser, puis de la conserver au sec, dans une pièce lumineuse et hors gel, et de la planter au printemps. À l'intérieur, près d'une fenêtre très ensoleillée et au chaud, elle peut aussi s'enraciner pendant l'hiver, plus lentement.
Comment retirer les épines de figuier de Barbarie de la peau ?
Les grandes épines se retirent à la pince à épiler. Les glochides, minuscules et très nombreux, s'enlèvent mieux en appliquant puis en décollant un ruban adhésif large sur la zone, à plusieurs reprises. Ne frottez pas : vous les enfonceriez davantage.
Sources et méthode
- Botanique d'Opuntia ficus-indica : tiges aplaties en cladodes (raquettes), aréoles portant épines et glochides, multiplication végétative par cladodes
- Principe de la bouture de succulente : cicatrisation de la plaie (formation d'un cal) avant tout contact avec un substrat humide
- Besoins de culture des cactus en pot sous climat tempéré : lumière directe, substrat drainant, repos hivernal au frais et au sec